Une arnaque numérique innovante mêlant chatbot IA et fausse cryptomonnaie
Dans l’univers complexe de la cybersécurité, une nouvelle forme d’arnaque numérique s’est imposée, combinant escrocs ingénieux et technologies de pointe. Cette fois, le piège s’ancre autour d’un chatbot IA baptisé Gemini, qui se prétend être l’assistant officiel d’un projet mystérieux appelé « Google Coin ». Cette campagne frauduleuse profite de l’engouement pour l’intelligence artificielle et les cryptomonnaies, jouant sur la confiance qu’inspire une marque aussi reconnue que Google.
Ce chatbot, bien que factice, est conçu pour convaincre ses interlocuteurs qu’ils sont en présence de l’IA Gemini, un produit officiel de Google. Grâce à une interface soignée et des réponses adaptées, il réussit à exploiter l’engagement des visiteurs à travers une expérience interactive très réaliste. Le site de la prétendue « Google Coin » affiche un visuel impeccable, imitant la charte graphique de Google, avec logos, menus, et une simulation détaillée d’une prévente de tokens.
Selon ce que le bot avance, un investissement à 395 $ durant cette phase de présale pourrait rapporter jusqu’à 2 755 $ après le lancement officiel – soit un rendement alléchant multiplié par sept. Cette promesse attire évidemment des victimes en quête de profit rapide. Mais ici, il n’y a pas de magie, juste une supercherie bien rôdée. Les transactions en cryptomonnaies sont, par nature, irréversibles, ce qui signifie que ceux qui envoient des fonds vers ces adresses frauduleuses n’auront aucun recours.
En fait, Google n’a aucun projet de cryptomonnaie, encore moins une devise appelée « Google Coin ». Pourtant, l’imposture fonctionne car la combinaison d’un chatbot IA très convaincant et d’un design professionnel pousse les internautes à baisser leur garde.

Comment un chatbot IA est devenu l’outil parfait pour des escrocs infatigables
L’ère où il fallait plusieurs opérateurs humains pour mener à bien une opération d’arnaque massive s’estompe grâce à l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, un seul chatbot IA peut gérer simultanément des centaines d’interactions 24 heures sur 24, délivrant un message clair, cohérent et plein de confiance.
Dans ce cas précis, le chatbot factice se présente comme « Gemini — votre assistant IA pour la plateforme Google Coin ». Il ne se contente pas d’afficher un slogan; il répond à des questions précises, calculant même des projections financières personnalisées pour séduire davantage l’utilisateur. Quand on lui demande : « Vais-je devenir riche si j’achète 100 tokens ? », il balance une réponse ultra-précise : 395 dollars investis donnent droit à une estimation de 2 755 dollars au moment du listing, avec des détails en apparence techniques sur le prix actuel et celui à l’introduction sur le marché.
Cette stratégie est redoutable, car elle reproduit une interaction qui, auparavant, requérait patience et savoir-faire humain via des chats Telegram ou WhatsApp. Désormais, l’arnaque numérique peut tourner en pilote automatique, sans jamais perdre en cohérence ni sincérité apparente.
Au cœur du déroulé, le bot reste parfaitement figé dans son rôle, évitant soigneusement toute question gênante sur les détails légaux : aucun registre d’entreprise, aucune information réglementaire, aucune adresse mail officielle. Il balaie les doutes avec des phrases génériques sur la « transparence », la « sécurité » et évoque un hypothétique « manager » humain en cas d’objections trop poussées.
Un tel contrôle rigide de la personnalité virtuelle du chatbot démontre la sophistication prise par les escrocs pour construire une machine à sous conversationnelle qui n’a qu’un but : pousser à l’achat. Le discours conserve les mêmes promesses bien rodées, comme un « plan détaillé pour 2026 », des promesses de « chiffrement militaire » et une « intégration IA » glorifiée pour renforcer la crédibilité.

Pourquoi les chatbots IA redéfinissent les modes d’action des fraudes en ligne
Toute fraude en ligne repose avant tout sur un principe simple : créer un climat de confiance pour inciter l’utilisateur à agir rapidement, sans réfléchir. Historique, ce type de manipulation exigeait des escrocs humains, ce qui limitait le nombre de victimes qu’ils pouvaient toucher en même temps. Mais désormais le jeu a changé, et c’est précisément là qu’intervient l’IA.
En déployant un chatbot IA, une seule équipe de cybercriminels peut toucher des centaines, voire des milliers de cibles simultanément. Ces robots conversationnels délivrent un message soigneusement calibré, produisent un façonnage de réponses adapté aux questions de chaque interlocuteur, et appliquent des techniques éprouvées pour surmonter les réticences.
Ce mécanisme est amplifié lorsqu’une marque de confiance est usurpée. Ici, l’identité supposée de Google, via Gemini, offre un gage d’authenticité impossible à ignorer. L’effet est décuplé, car sous couvert d’un dialogue personnalisé, le prospect perd la vigilance nécessaire face à ce qui est pourtant une cible potentielle d’arnaque.
L’analyse de la société Chainalysis révèle que près de 60 % des cotisations versées vers des portefeuilles frauduleux en crypto sont désormais orchestrés par des escrocs se servant d’outils d’intelligence artificielle. L’IA n’est plus un simple accessoire, mais une pierre angulaire pour ce type d’arnaques modernes, où la capacité à susciter une expérience interactive crédible fait la différence.
Il ne s’agit pas ici seulement de technologies à manipuler, mais d’une révolution qui fait des chatbots IA des complices idéaux pour l’usurpation d’identité et la diffusion d’arnaques numériques à très grande échelle.
Les mécanismes de la fausse « Google Coin » : un véritable piège bien ficelé
Le piège se pare d’un extérieur attractif. Le site de « Google Coin » reproduit fidèlement l’identité visuelle et la structuration du site de Google : logos, menus, globalement tout y est pour donner l’illusion d’un produit officiel. Dans cette mise en scène, le site affirme être à la « Stage 5 of 5 » d’un processus de prévente, avec plus de 9,9 millions de tokens déjà vendus et une date hypothétique d’introduction en bourse.
Pour renforcer cette impression, le site utilise une bannière « Trusted By Industry » sur laquelle s’affichent des logos prestigieux tels que OpenAI, Binance, Coinbase, et même SpaceX. Aucun de ces acteurs ne soutient ce projet illusoire, ce qui témoigne de la mécanique classique d’emprunt d’autorité.
Lorsque l’internaute clique sur « Acheter », il accède à un tableau de bord ultra crédible, financé par une fausse blockchain baptisée « Google-Chain », affichant des soldes fictifs en Bitcoin, Ethereum et « Google Coin ». Tout espoir de retour est vain, car les transactions sont définitives, et la monnaie n’a aucune valeur réelle ni reconnaissance sur le marché.
La stratégie commerciale emploie des techniques psychologiques fortes, avec un système de bonus par palier qui encourage à dépenser toujours plus. Plus l’investisseur temporaire injecte d’argent, plus les récompenses « promises » gonflent de 5 % à 30 % selon la tranche. Une classique montée en puissance qui joue sur la peur de rater une opportunité.
Ce cocktail de visuels professionnels associés à un chatbot IA Gemini qui répond comme un vrai vendeur est un visage moderne d’une arnaque continuellement renouvelée par la créativité des malfaiteurs digitaux.
Comment déjouer les arnaques numériques basées sur l’usurpation d’identité IA
À l’aube d’une ère où le premier point de contact est un robot imitant une marque de renom, la vigilance est la première arme contre ce genre de fraude en ligne. Google n’a jamais lancé une cryptomonnaie, encore moins une prévente via un chatbot tiers. Toute interaction suggérant le contraire doit déclencher une alerte immédiate : fermez la page, ne poursuivez pas la conversation.
Quelques signaux d’alerte sont fondamentaux pour détecter ces arnaques :
- Un chatbot revendiquant une identité connue (Gemini, ChatGPT, Copilot), mais qui ne fonctionne pas sur un canal officiel.
- L’absence d’informations fiables sur la société qui gère la plateforme, ou des réponses évasives et sans preuve.
- Des promesses explicites de rendements rapides et précis, chose que tout investisseur expérimenté sait impossible.
- Une pression pour faire vite, avec des phrases telles que « prévente limitée », « offre qui expire bientôt », ou des étapes numérotées fictives.
Avant d’engager la moindre somme, mieux vaut se référer aux sites officiels de Google et consulter des avis indépendants. Ces mesures simples évitent bien des déconvenues.
Il est également recommandé d’installer des outils de protection web comme Malwarebytes Browser Guard, un bouclier solide contre les sites frauduleux. Gravement touchées par ce type d’attaque, certaines populations vulnérables méritent un encadrement particulier. Pour approfondir cette problématique, un article intéressant sur les pièges technologiques pour seniors dévoile comment protéger les publics les plus exposés.
Si vous pensez avoir été victime d’un tel stratagème, il ne faut pas rester silencieux. Signalez l’incident rapidement aux autorités compétentes, comme la FTC ou le FBI à travers leurs plateformes de signalement. La transparence et la coopération restent clés pour contrer ces opérations de cybersécurité requérant une forte mobilisation collective.
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